Troisième économie régionale de France et premier port de Méditerranée occidentale, Marseille-Aix-en-Provence présente un profil économique complexe, marqué par la coexistence de secteurs hautement compétitifs à l'échelle européenne et de poches de vulnérabilité sociale parmi les plus importantes du pays. La dynamique récente, portée par plusieurs facteurs convergents, offre néanmoins des motifs d'optimisme sérieux.
Le port de Marseille-Fos : un acteur central de la logistique européenne
Avec 83 millions de tonnes de marchandises traitées en 2024, le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) consolide sa position de premier port français. Son développement stratégique repose sur trois axes : la modernisation des terminaux à conteneurs de Fos-sur-Mer, le développement des activités de croisière dans la Joliette, et le positionnement comme hub énergétique méditerranéen — notamment pour l'hydrogène et le GNL.
L'axe Marseille-Lyon-Paris, combinant transport maritime, fluvial et ferroviaire, fait l'objet d'investissements massifs dans le cadre du Corridor méditerranéen du réseau transeuropéen de transport (RTE-T). Cette infrastructure logistique constitue un avantage compétitif majeur pour attirer des entreprises industrielles et de distribution à la recherche de connectivité à l'échelle européenne.
L'économie numérique : une ambition affirmée
Marseille abrite le principal point d'échange internet (MRS-IX) du bassin méditerranéen, relié à une quinzaine de câbles sous-marins transcontinentaux. Cette position unique dans l'architecture des réseaux mondiaux attire depuis plusieurs années des opérateurs de centres de données et des entreprises technologiques cherchant à desservir l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l'Asie du Sud. La métropole Aix-Marseille-Provence a engagé une stratégie dédiée pour renforcer ce positionnement, notamment via la création d'une zone d'accueil pour les data centers bénéficiant d'une alimentation électrique sécurisée et d'une connectivité internationale exceptionnelle.
Les défis persistants : inégalités et cohésion urbaine
Malgré ces dynamiques positives, Marseille reste confrontée à des défis structurels considérables. Son taux de chômage, à 14,2 % au premier trimestre 2025, reste le double de la moyenne nationale. La dualité urbaine entre les quartiers nord défavorisés et les zones résidentielles aisées du sud constitue une fracture que les politiques publiques successives n'ont pas réussi à résorber significativement. Le programme "Marseille en Grand", lancé en 2021 avec 3,5 milliards d'euros d'engagements publics, entre désormais dans sa phase la plus visible avec la livraison des premières tranches de rénovation scolaire et de réhabilitation du réseau de transports en commun.